Le 13è souffle

Extrait de mon journal le 20 janvier 2025 :

[…] 13 ans plus tôt aujourd’hui, je savais que ce n’était qu’une question de temps avant que ma vie ne change complètement.

Le cancer rongeait ton corps voilà 5 ans et cela faisait 5 ans que la mort essayait de te prendre. 

La mort ne craint personne et pourtant tu étais une battante, et je pense que même elle sait combien tu es vive. Finalement, la mort n’a jamais su te tuer.

Je n’aurais jamais pu savoir ce que ta mort allait provoquer en moi 13 ans plus tôt aujourd’hui, mais, le 20 janvier 2012, et 13 ans plus tard aujourd’hui, je peux te dire que ta vie bâtit ma mort, ta mort, c’est ma vie. 

La vie est la voie de la mort, et la mort est la voie de la vie. 

Toi et moi pour toujours. You, forever.

Ta mort me mène vers la naissance et la renaissance parce que la mort ce n’est pas la fin. 

Parce que ta mort ne m’a montré que ton immortalité. 

Juste penser à toi ça me rend heureuse. Je ne sais pas pourquoi j’ai cru qu’il fallait que je ne m’adresse plus à toi sur le papier mais au fond il n’y a pas moyen de ne plus te parler parce que je veux être ce que tu es et je suis ce que tu es. Invincible. Fidèle à toi, fidèle à moi, pour toujours.

Pour toujours ce sera à toi ce que je m’adresse, mam. 

Parce que c’est toi et tout ce que tu es qui donne du sens à tout ce qui est. 

Je suis remplie de joie et de gratitude alors que la plume glisse et que le bord de ma main caresse le papier avec chaque mot qui s’encre à la page blanche pour la remplir de sueur, de salive, de sang(lots), de larmes, de joie, de vie. De ma vie. De la vie. De toi.

Cette page blanche que je remplis pour te parler. Que je remplis pour pour comprendre la profondeur, l’abondance, l’infinité des émotions et l’intemporalité de notre lien, toi et moi. Parce que tu es ma mère. Immortelle. Tu traverses le temps. 

Personne ni rien ne pourra changer le fait que j’ai une mère. J’ai une mère.

J’ai une mère, et pour toujours j’aurais une mère. Comme tout le monde. 

Ce que les autres n’ont pas, c’est MA mère. C’est toi.

C’était toi, c’est toi, ce sera toi.

Pour toujours.

Quel privilège de regarder mes mains et d’y voir les tiennes.

Quel cadeau d’avoir dans mon regard, le tien. Dans mes yeux, la même couleur que dans les tiens. 

Dans le visage de ma sœur, tes beaux traits fins. Sur ses doigts tes bagues et autour de son cou (et ses hanches) tes colliers et bijoux.

Quel cadeau de pouvoir porter tes robes et habiter ton corps de nouveau. Comprendre quelle femme je suis dans tes habits. Quelle femme tu es et quelles femmes tu as mis au monde. 

Deux femmes qui ont de la chance d’avoir été conçues par toi et qui vivent à travers toi. 

J’espère que tu le sais. 

J’espère que tu n’oublie jamais qu’on ne t’oublie pas, qu’on ne t’oubliera jamais. 

J’espère que tu le sais que tu es inoubliable. Juste par ce que tu es. Parce que tu es. 

Tu es la chaleur du soleil et la lueur de la lune.

Tu es la terre sous nos pieds et le ciel tout entier. 

Comment même exprimer toute cette beauté quand tu es partout, tout le temps? 

On te perd parfois mais on te retrouve sans cesse.

On se perd parfois mais on se retrouve toujours. 

On regarde vers le haut et tu es là. Tu es dans l’éclat des étoiles, notre étoile qui rit, notre déesse de lumière, notre mère. 

Pour toujours.

We miss you. We will forever miss you. 

Your daughters. 

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