Ecrire c’est libérer mon âme. C’est libérer mon âme.
La plume m’accompagne partout, passe par tous les chemins que j’empreinte, son encre remplit la feuille comme les ouragans qui ravagent mon cœur.
On dit que les yeux sont le miroir de l’âme et que les mains en sont le reflet.
Je saisis la plume et la serre fermement, vivement. Quand j’écris, mes paupières et pupilles dansent au rythme de la plume, agrippée par mes doigts. Elle me fait danser et je la tiens comme si ma vie en dépendait. Cette danse avec la plume définit ma vie, et comme toutes celles avant, chaque danse peut être notre dernière danse.
Si c’était la dernière, je regretterais sûrement. Je me dirais que j’aurais pu mieux danser, mieux jongler, mieux me tordre, plus me détordre. Mais tout ceci ne sont que des regrets qui seraient engendrés par la tristesse énorme que les fins provoquent, bien qu’elles soient inévitables. Parce que quand on est ensemble il n’y a aucune évaluation, aucune attente, aucun obstacle entre nous, on danse.
Je n’aurais de regrets que parce que je serais triste, perdue, et que je sens que je connais trop bien ce déchirement lié à cette perte. Je serais triste parce que je ne veux jamais que ça s’arrête entre nous et je crois à l’infini.
J’ai mal au corps, et parfois je veux tout arrêter, tout lâcher, ma main est fatiguée, je suis fatiguée … mais la plume est infaillible. Elle a toujours une manière de me ramener à elle.
Elle m’ensorcelle et transforme ma vie. Elle transforme tout. Je m’attache à elle et elle me détache de tout. Le temps perd sa forme et autour de moi tout prend sens.
Ce n’est jamais une perte de temps avec la plume parce qu’elle me laisse m’égarer, mais elle, n’est jamais perdue.
L’encre que la plume verse vient souvent de mes yeux ; du bonheur qu’elle me fait ressentir, des images qu’elle me permet de narrer, de la direction qu’elle me donne, du sens qu’elle me procure et que peux ensuite donner aux choses.
L’encre qu’elle verse vient parfois de mon sang chaud, teinté par l’obscurité de mon âme perverse. De cette vie rude et de la légèreté insoutenable de l’existence. De tout ce qui est.
La plume me nourrit en se vidant. Elle n’a aucun agenda, aucune autre intention. Elle se donne totalement à moi et je ne peux que faire de même. Elle se donne totalement à moi et je suis tout à elle. Elle tient mon cœur au creux d’elle.
Tout ce qui anime ma plume vient de toi, maman. De tout cet amour que tu m’as procuré en me donnant vie. Quel privilège d’être née de toi.
Tout ce qui anime ma plume vient de la vie, ce cadeau que tu m’as fait. De tout ce dont la vie est faite. Ma plume c’est toi et cette encre c’est mon être.
Tu me donnes envie d’être.
Maman, ta mort n’a jamais été une perte définitive. Malgré tout, malgré cette distance, tu seras à jamais là. De ta tombe sous la terre tu me donnes vie sans cesse. Même morte tu es vivante !
Tu me donnes tout, parce que si j’ai toi, j’ai tout. Divine, Maternelle, j’ai ton amour inconditionnel.
J’ai tout.
Je te fête toutes les secondes, toutes les minutes, toutes les heures.
Je te fête tous les jours, toutes les semaines, toutes les années.
Pour toujours je te fête, infailliblement.
You gave me life.
I can feel your touch and the smell of your skin.
I can see your smile and the color of your eyes.
I can touch your hair and hold your hand forever.
You give me life, mam.