Georgia on my mind đŸŽ¶

Le yin et le yang est un concept philosophique chinois qui dĂ©crit comment des forces manifestement opposĂ©es ou contraires peuvent en fait ĂȘtre complĂ©mentaires, interconnectĂ©es et indĂ©pendantes dans le monde naturel, et comment elles peuvent donner naissance l’une Ă  l’autre en interagissant les unes avec les autres.

Extrait de mon journal, 13 fĂ©vrier 2022: 

“Je suis revenue au pays et franchement ça fait extrĂȘmement de bien. Quand j’ai franchi la porte d’entrĂ©e de ma maison d’enfance, j’ai respirĂ© son odeur, et je pense que ce fut une des choses les plus rassurantes pour moi avec la vision des visages de mon pĂšre et de ma sƓur. Qu’est-ce qu’elle est belle ma sƓur. Vraiment elle ressemble Ă  un ange. Ses cheveux chĂątains clairs et soyeux ont bien poussĂ©, ce qui lui donne une belle allure, elle est si Ă©lĂ©gante. Je ne trouve pas vraiment les mots pour dĂ©crire ma sƓur vu qu’aucun adjectif ne fait vraiment justice Ă  sa beautĂ©. Je sais qu’elle est, et sera toujours une des plus belles crĂ©atures sur laquelle j’ai posĂ© les yeux.
J’ai revu ma grand-mĂšre aprĂšs de longs mois et ça m’a fait rĂ©aliser le caractĂšre si Ă©phĂ©mĂšre de la vie. Depuis qu’elle vieillit, (elle perd la mĂ©moire Ă©videmment) elle rĂ©pĂšte les mĂȘmes choses en boucle et dit souvent avec nostalgie qu’elle fut jeune un jour, qu’elle est vieille Ă  prĂ©sent, et que ca se voit maintenant. Ma sƓur lui a dit que c’est un privilĂšge de vieillir; tout le monde est jeune Ă  un moment mais pas tout le monde devient vieux. C’est vraiment une caractĂ©ristique tellement spĂ©ciale chez ma sƓur.
Elle a cette façon de dire quelques mots si expressifs, de dire une phrase courte et simple qui contient tant de relief. Elle a beaucoup de profondeur.
Aujourd’hui elle a pleurĂ©, et j’ai voulu dĂ©truire le monde et tout ce(ux) qu’il contient, parce que je ne veux jamais que rien ni personne ne lui fasse de mal. Parfois, je prends conscience que sa tĂȘte lui joue des tours, lui fait mal au cƓur, et je comprends qu’on ne peut pas toujours protĂ©ger les gens qu’on aime. Surtout d’eux-mĂȘme, mĂȘme si c’est tout ce que l’on veut, juste pour se protĂ©ger soi-mĂȘme, parce que c’est presque insupportable de voir les gens qu’on aime souffrir.
On est tous victime de notre psychisme, on est tous victime de soi.
Notre lien Ă©volue de maniĂšre trĂšs intĂ©ressante. Je vois combien notre vĂ©cu nous a affectĂ©, similairement et diffĂ©remment. Je rĂ©alise que c’est difficile de se comprendre et que je n’avais pas fait beaucoup d’efforts dans notre jeunesse. Mais je me suis pardonnĂ©e ces moments de congĂ©diement. Je pense qu’elle aussi m’a pardonnĂ©. J’espĂšre.
Nous sommes assises l’une prĂšs de l’autre sur le banc en bois tressĂ© du balcon, fumant chacune sa cigarette. J’aime les moments avec elle. Je sens que quand on est ensemble, une aura nous enveloppe et tout en dehors de cette bande de lumiĂšre qui nous entoure paraĂźt si Ă©vident, si facile, parce qu’il y a nous.”

Je sens, je sais, qu’on est issue de la mĂȘme flamme qui s’est scindĂ©e en deux, pour incarner deux corps diffĂ©rents, deux ĂȘtres diffĂ©rents, aux personnalitĂ©s diffĂ©rentes, mais complĂ©mentaires. Chacune de nous porte l’Ă©nergie qui manque Ă  l’autre.
J’ai la chance de possĂ©der un miroir qui me renvoie l’image de mon visage et l’Ă©nergie de mon Ăąme. Il est difficile de parler d’une rencontre avec ma sƓur vu que je la connais depuis que j’existe, et que je pense qu’elle est moi, et je suis elle.
“Le but supĂ©rieur des flammes jumelles est de se dĂ©couvrir et accĂ©der Ă  l’amour inconditionnel de soi, mais aussi de l’autre, et de crĂ©er une vibration.”

J’Ă©cris le 16 fĂ©vrier 2022:
“Je suis avec ma soeur au bureau oĂč elle travaille. Je vois les choses qu’elle a construites et je me dis que cette fille a un mental d’acier et est la personne la plus fidĂšle Ă  elle-mĂȘme que je connaisse. Ma sƓur est une grosse source d’inspiration pour moi. J’aime la voir en train de bouger, de parler, de rĂ©agir et d’interagir dans son environnement. J’aime la voir rire.
J’ai tellement de fiertĂ© quand je la vois ĂȘtre, tout simplement. HonnĂȘtement, ma sƓur (et je ne dis pas ca parce que c’est ma sƓur) est la plus belle femme sur terre. Je me sens triste d’avoir passĂ© des annĂ©es dans l’incomprĂ©hension partielle de qui elle est complĂštement. Je ne comprenais pas pourquoi je ne comprenais rien. Puis, j’ai compris que c’est parce qu’elle a toujours Ă©tĂ© lĂ . Souvent, on prend les gens qu’on aime pour acquis.”

Elle Ă©tait lĂ , acceptant d’ĂȘtre lĂ , d’ĂȘtre invisible parfois, d’ĂȘtre incomprise, de supporter le poid de l’injustice, de cĂ©der aux dĂ©mons qui lui faisaient croire que c’Ă©tait une personne injuste, insensible, trop sensible, irrationnelle, illogique, imprĂ©visible, instable, ennuyeuse, inintelligible, pas assez gentille, trop gentille, Ă©goĂŻste, trop gĂ©nĂ©reuse, jamais assez bien. Dans l’excĂšs, dans l’abus, dĂ©fectueuse, imparfaite. 

Pourtant moi je vois trĂšs bien pourquoi le monde se battrait pour lui faire croire ces sottises. Je vois pourquoi les gens chercheraient Ă  Ă©craser toutes ses qualitĂ©s. Pourquoi certaines personnes voudraient lui faire croire des choses qui ne sont pas. 

Parce que c’est bouleversant quelqu’un comme elle. Ça chamboule des vies. 

Cette gĂ©nĂ©rositĂ©, cette puretĂ© dans l’Ăąme, cette empathie si profonde, ce rire contagieux, cette aura perceptible Ă  des kilomĂštres, cette lumiĂšre intĂ©rieure. Elle est musique. Elle danse. Elle me fait danser. Elle est trop belle c’est si dur de l’exprimer les mots ne seront jamais suffisants. 

Je refuse qu’elle se mette de cĂŽtĂ© parce qu’elle a cru pendant longtemps ne pas ĂȘtre Ă  la hauteur des attentes des autres. Fuck les autres. Qu’ils aillent tous se faire foutre. Ces autres, tout ce qu’ils veulent, c’est une part de toi. Un bout de cette folie, une partie de cet excĂšs, un peu de ta joie de vivre, beaucoup de ta force, de ton intellect, de ta capacitĂ© Ă  accepter et te battre pour qui tu es, envers et contre tous. 

Rien ne sera jamais assez descriptif. Tu fais ressentir des choses. Tu es un univers. Quelle chance j’ai d’en faire partie. 

Moi je serais toujours, pour toujours avec toi. MĂȘme si je ne l’ai pas toujours Ă©tĂ©, que je me suis Ă©garĂ©e, que j’ai laissĂ© les langues de vipĂšre jeter leur poison et me parler de toi, comme s’ils savaient, ces serpents. Ils ne savent rien. Ils n’ont pas la moindre idĂ©e. Moi je sais. Tu es moi et je suis toi. Je ne connais la vie qu’avec toi. On existe ensemble et ce sera toujours le cas. La plupart ne comprendra pas ce que je veux dire par exister. Je veux dire que je ne connais d’existence sans toi. 

Cette course jusqu’Ă  l’ovule que la majoritĂ© des gens (quand ils Ă©taient spermatozoĂŻdes) ont gagnĂ© seuls, nous on l’a faite ensemble. On s’est battues ensemble, en mĂȘme temps, pour exister cĂŽte Ă  cĂŽte. Je ne veux qu’exister Ă  tes cĂŽtĂ©s. On a gagnĂ© la vie ensemble. 

“La distance totale que parcourt un spermatozoĂŻde est d’environ 15 Ă  18cm, ce qui reprĂ©sente Ă  l’Ă©chelle des spermatozoĂŻdes, l’Ă©quivalent de 100 longueurs de bassin olympique pour l’homme.”
Des centaines de millions de spermatozoĂŻdes et seulement un gagnant.
Pas dans notre cas. On gagne ensemble, toujours.

Mon existence est marquĂ©e par son existence, tu es le premier ĂȘtre que j’ai connu, que j’ai touchĂ©. La premiĂšre Ăąme que j’ai ressentie, celle avec qui j’ai Ă©tĂ© conçue, celle qui a Ă©tĂ© conçue avec moi, celle qui m’a accompagnĂ©e vers le chemin de la vie, celle avec qui j’ai partagĂ© le ventre de notre mĂšre.
Celle qui m’accompagnera tout au long de la vie. Je ne sais exister qu’avec toi. Nous ne savons exister qu’ensemble. La mĂȘme entitĂ©, Ă  jamais liĂ©es.
Certaines personnes passent leur vie à chercher un lien pareil. Beaucoup ne trouvent jamais. La vie m’a fait un cadeau.

Je suis nĂ©e par l’amour inconditionnel que ma sƓur me porte, et j’existe pour cet amour inconditionnel. Il Ă©tait hors de question d’exister l’une sans l’autre, je le sens, je le sais. Il est hors de question d’exister l’une sans l’autre.
Il y a un lien cosmique indĂ©niable qui nous ramĂšnera Ă  jamais l’une Ă  l’autre. Quelle. Chance.

L’objet de ma vie, c’est moi. Mais elle c’est moi. Il n’y a pas moi sans elle. C’est la lune de mon soleil, ma polaritĂ© inverse, le yin de mon yang, la voix de mon coeur, l’Ă©tĂ© de mon hiver, le nord de mon sud, la lumiĂšre de mes tĂ©nĂšbres, l’Ă©nergie intĂ©rieure qui permet ma force extĂ©rieure, l’intuition de mon instinct, mon contraire et mon complĂ©ment, ma seule nĂ©cessitĂ©, ma jumelle. 

Je sais que nous avons des vies diffĂ©rentes, des buts diffĂ©rents et des envies divergentes, mais il n’y a aucune expĂ©rience dans ma vie qui ne te concerne pas. Il n’y a aucune expĂ©rience dans ta vie qui ne me concerne pas. MĂȘme physiquement nous nous ressentons. C’est inĂ©vitable mais Ă  jamais nos souffrances seront partagĂ©es, nos tristesses seront partagĂ©es, mais notre bonheur sera partagĂ©. 

Merci de partager ma vie depuis le début de notre vie.
Merci Ă  la vie de me donner ce privilĂšge de partager ta vie.
Merci d’exister et de me faire exister.
Tu reprĂ©sentes tout l’amour du monde pour moi.

Laisser un commentaire