Comment je me suis retrouvée à pratiquer le Yoga

À ce moment là de ma vie, (qui n’est pas un moment dans le passé vu que je repasse constamment par ce genre de moments) j’étais perdue. 

Oui je sais c’est tellement cliché, commencer la pratique du yoga durant un moment d’égarement, de désespoir, bref un moment difficile, “le yoga m’a sauvée”! Moi aussi je me moquais de ce genre de déclarations, mais pour de vrai, c’est plus que ça je pense. Ce n’est pas le yoga, c’est le désespoir, le malheur, la perte. Tous ces trucs chiants là, en vrai, poussent à se sauver. N’est-ce pas au moment où l’on croit que la lumière au bout du tunnel n’existe pas que l’on réalise qu’il s’agit d’appuyer sur l’interrupteur pour déjà ouvrir le circuit électrique qui permet d’alimenter en courant électrique un point lumineux? Le yoga c’est ce circuit pour moi (il y en a pleins, l’art par exemple?), et le point de départ c’est vouloir commencer le yoga (ou quelque chose). Le yoga me permet de toujours percevoir cette lumière dans les ténèbres, c’est le véhicule qui fait que j’arrive à sortir de la douleur, juste pour un moment.

A cette époque (2020), je vivais avec N, que je considérais comme l’amour de ma vie (avant de comprendre qu’il sera toujours une source d’amour dans ma vie mais pas nécessairement l’homme de ma vie ). Cela faisait presque trois ans que nous partagions le même lit et notre vie me plaisait. 

Une année avant de le rencontrer, je me suis faite violer physiquement par un homme. “Un ami” à des amis soit disant (une âme souillée plutôt). Je ne me rappelle de rien vu que j’étais inconsciente mais je sais qu’il a salit une part de moi dans son horreur. J’étais inconsciente, mais mon corps a gardé des souvenirs et des séquelles extrêmement douloureux de cet événement (le corps permet souvent de faire le lien entre l’inconscient et le conscient je suppose, surtout dans ce cas). Je sais que cet article est supposé raconter ma première expérience yoga, le premier studio où j’ai pratiqué ou la première vidéo que j’ai regardé et quelle chaîne YouTube je conseille personnellement pour commencer le yoga, mais, comme cette pratique n’est pas un sport et n’a rien à voir avec la performance physique (bien que la pratique physique en fasse partie, *lien Asana*), il est impossible pour moi de négliger un événement traumatisant pour mon corps comme pour mon esprit (la pratique du yoga regroupe ces deux entités).

Je suis souvent le sujet de mes actions (comme dans cette phrase par exemple), et j’ aime pouvoir choisir d’être COD (quand c’est dans mon contrôle). Malheureusement, parfois on subit et il faut trouver un moyen de vivre avec ça. Je ne savais pas que le yoga allait me permettre de gérer et de vivre avec mes maux, mais je sais que je voulais m’en sortir, survivre. Alors j’ai voulu faire quelque chose, commencer quelque part. J’ai commencé par un acte de foi (foi en la vie), “leap of faith”, j’ai décidé que je voulais pouvoir faire le grand écart (parfois on a besoin d’écart pour comprendre une situation de plus près). J’écris dans mon journal le 12 septembre 2020: “[…] je ne peux pas très bien ramener mes émotions face à un événement avant d’avoir du recul sur celui-ci.” Il y a effectivement un attachement à la vie qui vient du corps: on vit avant de penser (*lire mon article sur le mythe de Sisyphe*). 

Je dirais que j’ai toujours été flexible, peut-être un peu trop parfois, surtout dans ma manière de gérer certaines situations et la (les) personne(s) concernée(s). J’ai beaucoup choisi de laisser faire, laisser aller, de ne pas m’énerver, de ne pas me plaindre, de toujours être dans l’introspection et de dialoguer avec moi-même (parfois la confrontation est nécessaire). Peut-être ai-je mal compris? Mal interprété? Je ne me souviens pas… devrais-je me fâcher? Mais je sens, je sens, je sens que ça ne va pas, ça ne se fait pas. Bref, revenons au grand écart. Je me suis dit que ce serait vraiment cool de pouvoir faire le grand écart. Peut-être même de pouvoir toucher ma tête avec mes pieds à un moment? Je pense qu’inconsciemment j’ai commencé le yoga parce que je voulais créer des liens. La vie vaut la peine d’être vécue je trouve, j’aimerais vivre pour une grande idée à réaliser. 

Alors j’ai commencé le yoga en avril 2020, j’écris dans mon journal le 14 septembre 2020 (à ma mère, le jour de son anniversaire): “[…] Tu sais, j’ai commencé le yoga, and I’m good at it too. It’s really making me feel enough. I’m really lost, je ne sais pas pourquoi parfois je sens que j’étouffe, je ne sais pas pourquoi, parfois je me sens étouffée et puis je me souviens que je peux respirer.” 

Tout commence réellement là, ensuite vient la volonté, et puis on le fait. 

Tout ça pour dire qu’on se retrouve à faire quelque chose/des choses parce qu’on veut commencer et faire. En d’autres termes, quand il y a de la vie, il y a de l’envie, et puis il faut juste exercer ceci.

J’ai voulu commencé le yoga parce que ça avait l’air cool, je ne vais pas prétendre que je savais que c’était parce qu’il y a énormément de choses que je devais gérer intérieurement. Pourtant, je sais à présent qu’inconsciemment, l’envie est venue de l’intérieur, et il suffisait juste de vouloir assez, de faire, et puis de continuer, toujours. 

Bon, maintenant que ça c’est dit, t’as commencé comment?

Premiers cours en présentiel:
Yoga with Serah, Ohana Space 🌸
https://www.instagram.com/yogawithserah/
https://www.instagram.com/ohanaspaceyoga/
https://www.instagram.com/ohanayogabythesea/

Ces espaces sont réellement magiques, que ce soit le studio (Cornet Chehwan) ou le jardin (Naas, Liban). Ohana Space a aussi un espace de pratique au bord de la mer, auquel je ne suis pas encore allée (je compte y aller dès que je mets les pieds au Liban!).

Pourtant, la vraie magie, c’est Serah Barakat (@yogawithserah). Précise, douce, informée et extrêmement généreuse, sa voix et ses instructions ont fait bouger mon corps et bercer mon âme. Les cours de Serah sont faits pour tout le monde, quelque soit le niveau de la personne qui pratique. C’est d’ailleurs grâce à sa grâce que j’ai accroché (aussi, ses Savasanas à la fin du flow. C’est les meilleurs Savasana guidés pour moi).

Mon premier challenge (celui du grand écart):
BohoBeautiful (plutôt du yin yoga), c’était pratique durant la pandémie mais je choisirais toujours d’aller en cours plutôt que d’assister en ligne personnellement!

2 commentaires

  1. Chère Andréa,

    Merci pour ces partages si sincères et beaux. Tu as un talent incroyable, et te lire me touche droit au cœur! Tellement de souvenirs et émotions qui refont surface. J’ai pensé à toi aujourd’hui et je suis tombée sur ton blog, me rappelant de ton amour pour la langue française et pour l’écriture. Je m’endors ce soir bercée par tes mots.

    Elsa

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