Yoga Teacher Training (200h): un tournant

Je pense que je n’avais pas vraiment d’idée ou d’attente spécifique en tête quand j’ai décidé de faire ce YTT dans un de mes studios et écoles de yoga préférés, Sarvam, au Liban. Je sais juste qu’à ce moment-là, ma pratique de yoga était la seule chose constante et stable dans ma vie. La pratique donnait du sens à tout ce qui n’en avait pas, et pour moi, rien n’avait de sens à ce stade, à part la pratique du yoga. 

Bref, cela faisait 6 mois que j’avais quitté le Liban pour le Canada, j’étais à peine installée, pourtant, la décision de rentrer faire le YTT a été extrêmement facile à faire malgré le fait que ma situation (moyens, logement, carrière, mentale, physique …) était vraiment instable.

J’ai sous-loué ma chambre à Montréal à une amie, j’ai cassé ma tirelire (avec l’aide de ma sœur qui a aussi cassé la sienne pour moi, merci Gee ❤️), et je suis rentrée à Beyrouth pour ça. Pour faire quelque chose qui avait du sens et comme je l’ai dit plus tôt, le yoga faisait sens et donc un Yoga Teacher Training semblait comme une entreprise sensée. J’ai senti que je ne pouvais que faire ceci à Beyrouth, dans ma ville natale. J’ai aussi choisi Sarvam, ce studio situé à deux minutes à pied de mon ancien appartement dans la ville (que j’ai habitée toute ma vie), parce que, même si je n’avais pratiqué là-bas que quelques mois, j’ai senti dès la première fois que j’avais beaucoup à apprendre des instructrices de Sarvam, que ce soit concernant la pratique physique ou spirituelle. Le message du yoga, je l’ai ressenti dans ce studio, à travers le rythme des directives vocales des instructrices qui faisait bouger mon corps et celui des corps réunis dans cet ashram illuminé pour pratiquer le yoga. Le mouvement dans ce studio donne de l’espoir. Il y a une grande aura et énormément d’authenticité dans cet endroit. Dieu, Allah, l’univers (cette force métaphysique, qui qu’elle soit, quoi qu’elle soit) sait qu’on a besoin d’espoir dans mon petit pays. Sarvam est à mon sens un bout d’espoir autour des débris, du malheur, de la misère et de la souffrance de Beyrouth.

Je vais être honnête, c’est un entraînement de 7 semaines très strict au niveau physique (15 à 20 heures de asana- pratique physique du yoga- par semaine + méditation + cours d’anatomie) avec des guides/instructrices précises et exigeantes. La discipline est nécessaire (je dirais obligatoire).

Par contre, la rigueur physique uniquement n’est pas suffisante, vu que tout se joue vraiment au niveau mental et spirituel: il s’agit d’être prêt(e) et ouvert(e) à voir divers aspects de sa personne et du monde remis en question.

La remise en perspective, c’est effrayant, et ce n’est pas facile. Cependant, ni la peur, ni la difficulté, ne font le poids contre l’harmonie. Car c’est effectivement, ce qu’on acquiert d’une expérience comme le YTT, l’harmonie.

J’écris dans mon journal le 24 mars 2022 (semaine 3 du YTT):
“[…] Je suis en découverte physique assez intéressante, ces jours-ci. Il y a quelque chose qui se passe quand j’écoute mon coeur. […] J’en ai marre de me sous-estimer. Je suis en train de découvrir toutes ces extrêmes en moi, combien je peux être disciplinée et indisciplinée en même temps. Je suis souvent à la limite de l’autodestruction et je risque de m’autodétruire. Parfois je vois des choses alors qu’elles n’existent pas. J’ai des problèmes de dysmorphie concernant certains aspects de moi-même (mon physique en fait partie mais pas que). Pourtant, j’apprends à canaliser mes pensées, et c’est ça la méditation, quand je veux, j’observe et je laisse aller. Elles peuvent aller dans tous les sens, et je risque toujours de me perdre en elles quand j’oublie que l’essentiel est là, en moi, il faut revenir à ça, à soi, respirer, et laisser aller.”

Beaucoup de larmes ont été versées (en tout cas dans mon cas, je pleure beaucoup oui), certains se sont blessés (j’ai eu une sciatique au beau milieu du training, youpi!), nous avons tous douté, même échoué quelque part à un moment. Pourtant, on s’est tous soutenus, en tant que communauté, qu’humains, on s’aide à se relever, à continuer, à ne pas laisser tomber. L’harmonie qu’on a tous trouvé est en fait une union, l’union du corps et de l’esprit, l’union des corps et des esprits.

Les personnes avec qui j’ai fait ce training, et celles qui le dirigeaient sont extraordinaires. Le but n’est pas uniquement d’avoir ce bout de papier qui donne le titre de professeur de yoga certifié, le but est de pouvoir (avec cette certification internationale -Yoga Alliance-) transmettre un message si puissant, si unificateur: celui du yoga (qui vient de yug=union), et le yoga c’est l’amour de soi et de tout ce qui nous entoure, la conscience de soi et de tout ce qui nous entoure, car nous constituons notre être et nous faisons partie de tout ce qui l’entoure. “You are one and all”. Car au final, le yoga apprend à se détacher de tout ce que l’on croit savoir, de toutes ces constructions mentales qui nous enferment et nous empêchent d’être libres, car la liberté ultime est celle de respirer, d’exister, d’être là, ici et maintenant. La liberté ultime c’est le détachement pour mieux s’unir.

هناك سعادة في التخلي

Là est le vrai bonheur, l’union entre le corps, l’esprit, les corps, les esprits, et tout l’univers qui est, et que je suis.

Instructeurs et apprentis pleins d’amour
Credits: Sarvam Yoga (réseaux sociaux)

J’écris dans mon journal le 29 mars 2022 (semaine 4 du YTT): 

“Je crois que ça fait longtemps que je ne me suis pas aimée de la manière dont je m’aime ces jours-ci […]. Je crois que je retrouve ce sentiment, celui de l’amour propre, et avec ça j’aime tout et tous.” 

Puis le 11 avril 2022 (semaine 6 du YTT):
“Ma révolution porte ton nom maman. Celui de l’amour, de l’honnêteté, de l’amour propre, de la franchise et de la simplicité. De l’intégrité, de la transparence, de l’erreur, de la correction, de la construction, du pardon. Aujourd’hui plus que jamais je suis épanouie. J’ai toujours tenté d’être fidèle à celle que je tends à devenir, à celle que je suis, et je sens que tout s’aligne ces jours-ci. Je suis reconnaissante envers la vie.”

Le YTT de Sarvam, c’est un chemin qui m’a dirigée vers cette liberté, que je retrouve toujours en moi, sur mon matelas, et que j’ai à présent le privilège de transmettre. 

Je suis reconnaissante envers mes mentors à Sarvam qui ont été des guides pleines de bienveillance et de savoir, et qui sont constamment dans le respect des origines et des traditions du yoga.

Épuisés mais diplômés 🎓
Credits: Sarvam Yoga (réseaux sociaux)

J’écris, le 26 avril 2022 (fin du YTT):
“C’est terminé, deux mois de training pour un certificat qui me permet d’enseigner le yoga partout dans le monde. Cette expérience me prouve davantage combien l’amour est présent partout où nous souhaitons le trouver, et ça commence en soi. Nous souhaitons tous trouver le bonheur. Pour moi, le yoga, c’est l’amour, et l’amour, c’est le bonheur. C’est ce que je veux transmettre.”

Cérémonie de clôture 🌻
Credits: Sarvam Yoga (réseaux sociaux)

Informations sur le YTT 2022 (octobre) de Sarvam:
Instagram: @sarvamyoga
Call/WhatsApp: +961 71 707 270 / +961 3 013 013
Temoignages:
https://www.youtube.com/channel/UC_c_ndNnYZ7h7r4u2yYDITg/videos

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